Cameroun - Argentine : En direct de Génève (Servette)

Le match amical opposant l’Argentine au Cameroun a pris l’allure d’un grand match de compétition internationale. Engagés, volontaires, les deux équipes en ont mis plein la vue à un public bariolé dans cette rencontre supposée préparer les deux sélections à la future grande compétition mondiale.

L’Argentine, au vue du contexte politique et économique de son pays, porte énormément d’importance à la Coupe du Monde. Veron lâchait même avant le match : « De par notre position de privilégiés, nous ne sommes pas directement touché par les problèmes de notre pays, mais cela nous affecte à travers nos familles, nos amis et tous les proches que l’on a en Amérique latine. On sait que si l’on gagne cette Coupe, cela ne résoudra rien, mais je crois que cela mettrait du baume au pays. » Le ton était emprunt d’une sincérité indéniable. En face, le Cameroun se devait de montrer le visage d’un vrai prétendant, celui du vainqueur de la CAN.

Le choc a débuté sur un rythme très soutenu. Les Argentins se sont empressés de prendre à la gorge une défense camerounaise ayant eu du mal à trouver ses marques tout de suite. Winfried Schäfer, sélectionneur des Lions Indomptables, l’a expliqué très simplement par le fait qu’il a été difficile de motiver son équipe après la victoire en Coupe d’Afrique des Nations. Le constat a porté ses fruits puisque son équipe s’est très bien ressaisie après le premier quart d’heure de jeu. Leurs débuts en dilettante a quand même laissé le champ libre à un jeu latin, rapide, instinctif, tant et si bien que Aimar obtenait un penalty après une vingtaine de minutes. Il ne restait plus qu’à Veron de transformer d’un plat du pied précis cette aubaine.

Les Lions ont donc réagi par leurs talents : une vivacité et une puissance au contact digne de l’arène. Peu de temps après l’ouverture du score, Eto égalisait d’une tête magistrale sur un corner. On aurait pu croire que les Argentins allaient devenir esclaves des fauves, mais au contraire, l’orgueil touché, ils redoublaient leurs efforts.

En gladiateurs, les Argentins se sont empressés de revenir, en deuxième mi-temps, dans le camp adverse, mais à leur grande stupeur les Lions s’étaient aguerris.

Mieux en place, ils se disposaient plus en avant- l’occasion rêvée pour les « blancs et bleus » de prodiguer des actions de rupture incisives. Aimar profitait alors d’un service de Caniggia pour mener à nouveau au score. La fin de match allait donc être un régal. Le Cameroun entreprenait tout ce qu’il pouvait pour revenir à la marque. Une intention qui a pris part à la fête à la quarante et unième sur un nouveau corner. Patrick Suffo, fraîchement rentré, glissait sa tête entre deux défenseurs. Deux à deux, score final.

Bien entendu Marcelo Bielsa, sélectionneur argentin, n’a pas vraiment apprécié le fait de voir son équipe encaisser deux buts sur des coups de pieds arrêtés. « Il nous faudra encore travailler ces situations », affirmait-il. Et de rajouter sans vergogne : « Je pense que nous avons eu plus souvent la balle- on a plus fait le jeu. A mes yeux, on méritait de gagner. » Aimar, lui, l’air avisé signifiait qu’il peut faire mieux et que même s’il durant ce match, les Argentins ont été passablement bousculés, le foot reste un sport de contacts où il faut savoir s’adapter. A leurs opposés, Winfried Schäfer soutenait que « le Cameroun a imprimé son tempo et que du fait de la vitesse de jeu, il était difficile de maîtriser le match. » Que rajouter… si ce n’est merci Messieurs pour le spectacle. Cet ex aequo arrange sûrement une Genève internationale partagée entre deux grandes Nations de football.