FIFA/UEFA - Nouvelle polémique sur fond de campagne électorale (AFP)

PARIS, 26 mars - A deux mois du Congrès électif de Séoul, une nouvelle polémique vient d’éclater entre l’Union européenne de football (UEFA) et la Fédération internationale (FIFA), le président de l’UEFA, le Suédois Lennart Johansson, accusant mardi le président-candidat Joseph Blatter de vouloir « réduire la représentation de l’Europe ».

Depuis le début de la campagne électorale, où M. Johansson soutient le président de la Confédération africaine (CAF) Issa Hayatou contre M. Blatter, plusieurs fronts ont été ouverts entre les deux anciens candidats à la présidence en 1998.

S’appuyant sur la forte représentation européenne au sein du Comité exécutif (8 représentants sur 24 membres), Lennart Johansson a réussi à réunir la majorité nécessaire (13 voix) pour obliger M. Blatter a accepter la création d’une commission d’audit interne, chargée de vérifier les comptes de la FIFA.

Moderniser les statuts

Cette démarche n’a pas été appréciée par le président suisse, regrettant que "les membres du CE ne soient pas élus par le même corps que le président". Selon les statuts actuels de la FIFA, le président est en effet élu par les 204 Fédérations affiliées réunies en Congrès alors que les membres du CE sont élus par leur Confédération respective (8 pour l’Europe, 4 pour l’Afrique, 4 pour l’Asie, 3 pour l’Amérique du sud, trois pour la CONCACAF, un pour l’Océanie, plus le président).

Dans la mesure où "ce n’est pas facile pour un président de la FIFA de « gouverner » avec une Confédération qui a huit voix", M. Blatter "dans la perspective du centenaire de la FIFA en 2004" a demandé à une "commission de moderniser les statuts".

"Réduire la représentation de l’Europe à la Coupe du monde et saper le rôle des Confédérations dans l’élection du Comité exécutif sont les ingrédients pour un désastre", a rapidement répondu M. Johansson.

"Attaquer l’UEFA ou les autres Confédérations n’a aucun sens. Ce n’est pas un moyen pour faire avancer la FIFA et rétablir la stabilité au sein de l’institution, particulièrement lorsque les Confédérations font tant pour le football, du développement de l’arbitrage à la sécurité dans les stades", poursuit-il.

"Dans le passé, d’autres propositions stériles ont été émises avant d’être abandonnées, comme celle d’organiser la Coupe du monde tous les deux ans. Je pense qu’il en sera de même ici", déclare encore M. Johansson, ajoutant : "Qu’un président tente de changer les bases constituantes d’une organisation parce qu’il a été sujet à des critiques n’est pas une bonne méthode. Je souhaite que le bon sens prévale".

"Il ne s’agit pas de réduire le rôle des Fédérations européennes. Un président de la FIFA ne peut pas vivre sans le soutien de l’Europe", répond-on à la FIFA où l’on souligne que M. Blatter souhaite "juste doter la FIFA d’un outil moderne avec des statuts adaptés" pour son centenaire.

Ces échanges polémiques devraient se poursuivre jusqu’au Congrès extraordinaire du 28 mai, consacré aux finances, alors que le Congrès électif aura lieu le lendemain, également dans la capitale sud-coréenne.