L’habit ne fait pas le moine

La phase aller du championnat national qui vient de s’achever marque un tournant dans l’histoire du football camerounais comme étant une première d’une ligue professionnelle. Sur papier ça se lit très bien ; dans les discours des dirigeants tant de la FECAFOOT que de la ligue elle-même, ça sonne comme le message qui viendra mettre fin à la misère du footballeur camerounais...

...Loin de là, jusqu’à ce jour, les présidents de club se plaignent encore de n’avoir pas touché l’aide financière promise en début de saison par la ligue professionnelle et on se demande bien s’il n y aura pas une autre grève à la reprise, comme c’était déjà le cas au début de la saison. Ce bon nom de ligue professionnelle, n’a apporté aucun changement sur le terrain : les mêmes grèves, les salaires des joueurs impayés, les équipes ont du mal à se déplacer pour les matchs etc. Même la deuxième division (ou les 2e divisions) a hérité d’un très beau nom : MTN Elite two (Super D2). Les championnats de ligues provinciales (départementales) ont été remplacés par les D2 régionales, tout ceci dans le but de redynamiser les compétitions locales et de permettre une meilleur gestion. Cependant, ce n’est pas en rebaptisant des compétions qu’on les améliore... À l’époque, les championnats de 2e division étaient provinciaux, ce qui permettait aux clubs de ne pas avoir à faire de longues distances pour disputer des matchs. Aujourd’hui on demandeàApejes de Mfou d’aller jouer à Maroua contre Sahel ou à Fovu de Baham d’aller jouer à Douala contre AS Matelots ...

Sur le site internet de la fecafoot il y a un document portant sur une reforme du championnat national datant de 2003 qui élabore sur de très bonnes idées concernant le déroulement de ce dernier. Cependant les réalisations de celles-ci n’ont presque pas vu le jour. Dans plusieurs pays comme Les Pays-Bas et la Belgique, les championnats se terminent par des ’PlayOffs’ qui permettent de focaliser l’attention des spectateurs sur des matchs chauds pour des tickets en ligue des champions tout en attirant les sponsors et les médias, car à ce stade de la compétition tous les matches sont vitaux et les adversaires se valent. Au Brésil le championnat est divisé en championnat d’États (Sao – Paulo, Rio …) et se sont les vainqueurs de ceux-ci qui disputent le phase finale du championnat national, ainsi on ne va pas demander à la pire équipe de Sao-Paulo de se déplacer pour aller jouer contre la plus forte équipes de Rio, limitant les risques de matches « vendus ». En Angleterre les 2 premiers de la D2 (Championship) montent en Premier League tandis que leurs dauphins jouent des playoffs à Wembley pendant un week-end de folie. En Argentine (Clausura & Apertura) et en Russie (été/Automne & Printemps/été) le championnat est divisé en 2 parties où ce sont les meilleurs de la première partie qui s’affrontent pour le titre national lors de la deuxième. Tous ces schémas permettent à ces ligues d’attirer les spectateurs aux stades en élevant le niveau de compétition et les gains suivent.

C’est vrai qu’on reconnaît le moine par son habit mais le fait de vêtir nos compétitions locales de noms à l’européenne, du genre « professionnel », ne les met pas à leur niveau, et comme toujours ce sont les clubs qui en souffrent. Les clubs mexicains sont allés jusqu’à fonder une ligue indépendante hors de la tutelle de la fédération et du ministère. Je ne pense que nous devrions en arriver là chez nous, néanmoins les dirigeants et acteurs du football camerounais doivent comprendre que tout passe par des clubs forts et structurés qui ne passent pas leur temps à faire des plaidoiries mais à former les futures stars de demain, à gagner des titres et hisser haut l’étendard national.

Par Enganche

P.-S.

Enganche